Course à la mairie de Gatineau : Maude Marquis-Bissonnette, une femme de tête

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MONTRÉAL — Candidate à la mairie de Gatineau aux élections municipales, qui auront lieu en novembre à la grandeur du Québec, Maude Marquis-Bissonnette prône l’éducation citoyenne en ce qui concerne la lutte aux changements climatiques. L’élue municipale de 32 ans assure que la relance économique post-pandémie sera l’une de ses priorités. 

Maude Marquis-Bissonnette a pris la tête du parti Action-Gatineau en avril, succédant au maire actuel Maxime Pedneaud-Jobin qui ne sollicitera pas de nouveau mandat. En novembre, la candidate de 32 ans pourrait devenir la première mairesse de Gatineau. 

Le plus grand défi des jeunes femmes qui s’engagent en politique, estime-t-elle, est d’établir leur crédibilité. Dans son cas, elle a mené plusieurs dossiers de front depuis son entrée à la Ville en 2017, comme conseillère municipale, dont celui du logement et de l’environnement. 

Si ce dernier sujet lui tient à cœur, c’est parce que sa ville a connu deux épisodes d’inondations, des pluies diluviennes et une tornade, ces quatre dernières années, signes tangibles des changements climatiques, observe-t-elle. 

Environnement

Le réchauffement de la planète a donc un impact direct sur ses concitoyens, d’où la nécessité d’agir. À la suite d’un projet que la jeune femme a piloté, Gatineau a procédé à la tarification des ordures lorsque celles-ci dépassent un certain seuil et a obligé les résidents à faire du compost. 

Selon la politicienne, la lutte aux changements climatiques passe principalement par un changement d’habitudes et elle reconnaît que changer ses habitudes n’est pas chose facile. 

«Il y a de l’éducation à faire», convient-elle. Elle insiste sur l’importance d’expliquer aux citoyens pourquoi une nouvelle décision est mise en place. 

«Quand les gens comprennent pourquoi ils font les choses, quand tu leur expliques que ce n’est pas parce que la Ville veut épargner de l’argent (qu’elle fait ça), que c’est pour l’environnement», ils comprennent, soutient la conseillère du district du Plateau à Gatineau. 

Si le projet a suscité quelques réticences au début, sa ville est aujourd’hui devenue celle qui compte le moins de déchets par habitant au Québec. 

Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la force du palier municipal : un terrain où on peut concrètement changer les choses, croit fermement la candidate.

D’autant plus qu’en ce qui concerne l’environnement «ça se passe au niveau local», indique la politicienne. 

«Québec et Ottawa s’occupent des traités internationaux et de fixer les objectifs», mais elle reste convaincue que le jeu se joue vraiment à plus petite échelle. 

Elle précise que c’est au niveau municipal que s’articule la question des bâtiments et du transport, deux secteurs parmi les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. 

Relance économique

Celle qui a fait ses débuts dans le milieu au moment où elle est devenue attachée politique à l’Assemblée nationale à l’âge de 19 ans, désire aussi faire de la relance économique, sa priorité. 

Comme ailleurs au Québec, les conséquences de la pandémie sont bien visibles. Le centre-ville gatinois est désert et elle entend travailler en concertation – avec les gens d’affaires, les entrepreneurs et la population – pour le revitaliser. 

En ce sens, sa maitrise en gestion urbaine et le doctorat qu’elle complète en gouvernance urbaine à l’Université Carleton lui seront probablement utiles.

Ultimement, la conseillère municipale se sent investie de la mission de servir ses citoyens et «d’améliorer les choses pour la collectivité». Elle s’engage à travailler plus près des gens, laisse-t-elle savoir lorsqu’on lui demande ce qu’elle compte faire différemment des maires qui l’ont précédé si elle est élue.

Mme Marquis-Bissonnette est d’avis qu’il faut voir les résidents «comme des partenaires, comme des experts de leurs quartiers». «Je consulte, je lâche un coup de fil pour demander: ‘On a ça en tête, qu’est-ce que vous en pensez?’», dit-elle. 

Avec toutes ses consultations, ses devoirs et obligations, la vie en politique peut s’avérer exigeante. Malgré tout, la conciliation travail-famille demeure primordiale pour cette maman d’un jeune garçon. 

«Mon fils sera toujours ma priorité, je veux être avec lui pour l’aider à faire ses devoirs. (…) Je dis souvent – et jusqu’ici je ne me le suis pas fait reproché – que je ne serai pas de tous les brunchs et de tous les soupers spaghettis, mais quand les gens auront besoin de moi je vais être là», conclut-elle.