Riyad veut que les entreprises étrangères aient leur siège régional dans le royaume

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L’Arabie saoudite a annoncé lundi qu’elle allait cesser à partir de 2024 de faire affaire avec des entreprises étrangères dont le siège régional est situé à l’extérieur du royaume. Premier exportateur mondial de pétrole brut, l’Arabie saoudite « a l’intention de cesser de conclure des contrats avec des entreprises et des institutions commerciales dont le siège régional n’est pas situé dans le royaume », a indiqué l’agence de presse officielle saoudienne SPA. Cette décision, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2024, vise à « créer davantage d’emplois, à limiter les fuites de capitaux, à augmenter l’efficacité des dépenses et à garantir que les principaux biens et services achetés par les différentes agences gouvernementales soient fabriqués dans le royaume », a ajouté SPA.

L’Arabie saoudite, plus grande économie arabe, peine à attirer des capitaux étrangers, un pilier pourtant du plan de diversification économique « Vision 2030 » du prince héritier Mohammad ben Salmane visant à stimuler les recettes non pétrolières. Dans le cadre d’une précédente initiative gouvernementale, Riyad avait offert aux multinationales des allégements fiscaux et des incitations pour relocaliser dans le royaume leur siège au Moyen-Orient. De nombreuses multinationales faisant affaire dans le royaume conservateur préfèrent avoir leur siège aux Émirats arabes unis voisins et dans d’autres capitales du Golfe qui offrent un mode de vie relativement plus libéral et autorisent la consommation d’alcool.

Selon SPA, 24 entreprises internationales ont déjà annoncé leur intention de déplacer leur siège régional à Riyad. « Faire pression sur les multinationales pour qu’elles établissent leur siège en Arabie saoudite s’appuie sur la conviction que les sociétés étrangères profitant du marché saoudien devraient renforcer leur présence dans le pays », a relevé auprès de l’AFP Robert Mogielnicki, professeur à l’Institut des États du Golfe arabe, situé à Washington. « Il s’agit en fin de compte d’une réévaluation de la durabilité du modèle de développement économique de l’Arabie saoudite et pas d’un défi commercial intentionnel à l’égard des Émirats arabes unis. Mais si c’est couronné de succès, cela aura probablement des conséquences pour les Émirats », a-t-il poursuivi.

L’annonce de lundi intervient à une période où le royaume souffre d’un chômage élevé : 14,9 % au troisième trimestre 2020, soit un léger mieux par rapport au record de 15,4 % le trimestre précédent. « L’impact de la pandémie de Covid-19 continue d’affecter le marché du travail et l’économie » du pays, a relevé en janvier l’institut de statistiques saoudien dans un communiqué.