«Chinois» Salvail niait être un bandit

Share:

Coloré personnage du milieu interlope des années 1970-1980, Marcel « Chinois » Salvail, qui est décédé la semaine dernière, a passé sa vie à nier ses liens avec le crime organisé, dans les médias du Québec. 

Celui qu’on surnommait malgré lui le « roi de Sorel » tenait toujours ce discours quand Le Journal de Montréal lui a parlé au printemps, alors que des rumeurs circulaient voulant que ses jours soient comptés, en raison d’un cancer de la prostate. 

Jadis, il était entre autres soupçonné de tremper dans le prêt usuraire, le racket de la protection et l’extorsion. Malgré tous les efforts de la Sûreté du Québec dans cette affaire, il avait évité la prison. 

« Je n’ai jamais enlevé personne. Je n’ai jamais prêté de l’argent avec intérêts, avait-il insisté, en avril. Jamais, jamais ! À part à mes compétiteurs, pour les aider. J’ai aidé un esti de paquet de monde... » 

« Tu flashes, tu te promènes en corvette, pis ça fatigue bin du monde », avait-il justifié. 

Malgré ses déboires avec la justice durant des années, « Chinois » Salvail n’a jamais cessé de clamer son innocence et même de se poser en victime. 

Il est finalement mort mercredi, peu après minuit, dans une maison de soins palliatifs de Laval, à l’âge de 78 ans. 

« Je suis loin d’être malade. Je boxe à 5 h tous les matins dans mon gymnase. Je travaille encore. Il me reste encore minimum 10 ans », avait-il juré en avril.  

« Il m’engueulait » 

Le Sorelois se méfiait particulièrement des journalistes. Il disait traîner une réputation injustifiée par leur faute. 

« Chaque fois que je [leur] ai fait confiance, je me suis fait fourrer », nous avait confié celui qui aurait dirigé une soixantaine de commerces à travers la province. 

« Disons qu’on n’avait pas la même image de “Chinois” Salvail, lui et moi, se remémore Michel Auger, qui a couvert l’actualité judiciaire pour Le Journal, de 1984 à 2006. Il avait la mèche courte. Il m’engueulait souvent à propos de mes articles. Il disait que ça nuisait à sa réputation d’homme d’affaires. »