Lyon : au musée des Confluences, un tour du monde en 340 chapeaux

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Chapeau bas. Chapeaux sans queue ni tête - on en voit cependant quelques unes en photo, parées de sublimes atours - aux plumes exotiques. Couvre-chefs de vraiment grands chefs indiens ou africains, de chamans, mais aussi de jeunes femmes avec des chapeaux charmants et très grands pour protéger les bébés portés sur le dos. Chapeaux chinois… le musée des Confluences, à Lyon, accueille « Le monde en tête » jusqu'au 15 mars, une exposition de 340 coiffes, dans une immense salle de quinze mètres de haut. On en a la tête qui tourne. Elles racontent tellement d'histoires, de liens, de peuples, comme cette ethnie de Chine du sud, les Miao, où les femmes d'une même famille se transmettent leurs cheveux de génération en génération, ajoutant de nouvelles tresses aux incroyables allures de ces galures qui s'offrent comme chez nous une vieille bague de famille.

Ces coiffes viennent de la collection d'Antoine de Galbert (qui sera présent le 20 février pour une rencontre), qui a fait le don de 540 pièces - difficile de toutes les accrocher - au musée Confluences. Un homme généreux. Lors d'une rencontre pour un portrait, il nous avait offert son ultime catalogue épuisé, pourtant « à consulter sur place » - l'étiquette est restée - de « Voyage dans ma tête » : une exposition plus petite qu'il avait présentée sur ce thème, déjà, en 2010, à la Maison rouge, un lieu d'art qu'il a créé et animé à Bastille (Paris XIIe), de 2004 à 2018, avant de fermer boutique pour s'occuper d'une fondation qui aide les artistes. Ce Grenoblois d'origine, qui a vécu à Lyon jeune homme, amateur d'art contemporain, d'art brut et d'arts lointains, collectionne les chapeaux depuis trente ans. Par amour du beau, de l'étrange, du surprenant, voire de l'extravagant.

Symbole de puissance et d'appartenance

Mais aux enfants et familles qui viennent nombreux dans ce musée populaire, il a bien fallu expliquer l'histoire de tous ces chapeaux. Le musée le fait admirablement, par des films, des cartels qui expliquent pourquoi l'on se couvre la tête, de la Papouasie à l'Amazonie. « Dans de nombreuses cultures, les chapeaux protègent du soleil et de la pluie, mais aussi des mauvais esprits, des forces maléfiques, des fantômes. La tête est le siège de l'énergie vitale, et compte beaucoup d'orifices, il faut la protéger », explique Maïnig Le Bacquer, chargée de projets au musée.