Loyer à 500-600$ : malgré les excuses de Legault, le FRAPRU dénonce une impression de déconnexio

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La déclaration du premier ministre François Legault lors de l’étude des crédits hier alléguant qu’un logement à Montréal commençait à 500-600$ pour monter rapidement à 1000$, fait bondir les ressources d’aide en logement dont le FRAPRU qui vient en aide aux locataires en situation difficile. 

Si le premier ministre a précisé jeudi matin qu’il parlait de la situation des étudiants, il a néanmoins reconnu qu’il manquait de logements à prix abordable.

Dans tous les cas, l’impression de déconnexion demeure, et cette impression-là, on l’a depuis des mois, depuis l’arrivée même du gouvernement de M. Legault», a déploré Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU en entrevue à Mario Dumont.

Elle rappelle que la situation de pénurie de logements n’est pas nouvelle. L’an passé, en pleine pandémie, 350 familles se sont retrouvées à la rue, sans bail.

«Plusieurs mois après, le premier ministre n’est pas capable de parler du problème avec davantage d’éloquence», juge-t-elle en constatant l’accélération du problème.

Combien coûte un 4 et demi à Montréal ?

«Selon les dernières données de la SCHL, c’est plus de 1300$ dans la région montréalaise [prix médian] ! Ce qui est disponible est extrêmement dispendieux», a assuré la porte-parole du FRAPRU.

Bien qu’il soit possible de trouver un peu moins cher en faisant beaucoup de recherches, ces logements sont très populaires

«Pour un logement qui n’est pas chic du tout, dans l’Est de Montréal, loin de transports en commun, ce n’est pas rare qu’on voit des 5 et demi à 1400$ ! Pour les familles quand on a un seul revenu en particulier, c’est extrêmement difficile et on parle de locataires qui s’appauvrissent actuellement», a indiqué Mme Laflamme.

Fixation des loyers efficace ?

Si les propriétaires doivent respecter une échelle afin de fixer la hausse des loyers, plusieurs dépassent le taux autorisé d’augmentation auprès de leurs locataires qui, pour certains, acceptent de payer plus cher, même si la hausse n’est pas légale.

«Cette année on a vu des 200$ — 300$ de hausse ! Si les locataires ne contestent pas par crainte de représailles, il n’y a rien qui se passe. Donc la très grande majorité des logements ne seront pas fixés par la Régie. On ne peut pas parler d’un contrôle», a souligné Mme Laflamme.

Par ailleurs, elle soutient qu’il n’est pas rare qu’un propriétaire augmente considérablement le prix du loyer lorsqu’un locataire part, ou en cas de décès.

Pas seulement à Montréal

Le FRAPRU constate que le problème de logements abordables n’est pas exclusif à Montréal. D’autres municipalités sont aux prises avec un taux d’inoccupation qui s’approche du 0 %.

Les banlieues de Montréal, Granby, Saint-Hyacinthe, Sherbrooke, Gatineau, vivent une situation difficile.