Céline Sciamma, portrait d’une cheffe de bande qui bouscule le cinéma

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La colère à l’état pur… Presque une scène de cinéma. Les César 2020 s’annonçaient électriques. Mais à ce point-là ! A peine Roman Polanski est-il sacré meilleur réalisateur pour « J’accuse » qu’une comédienne en robe Hedi Slimane bleu nuit, dentelle strassée, bondit. C’est Adèle Haenel. « Nickel ! » dit-elle d’un geste ironique, avant de quitter la salle Pleyel, en criant : « La honte ! La honte ! » Sur ses talons, une ombre noire la rattrape tandis que rageusement l’actrice applaudit : « Vive la pédophilie, bravo la pédophilie, bravo ! » devant une brochette d’hôtesses interdites. Sous les flashs, elle trace. Dehors, des manifestantes scandent : « Polanski violeur, cinéma coupable ! »

L’ombre ? Céline Sciamma, réalisatrice du « Portrait de la jeune fille en feu », où joue justement Adèle Haenel, son ex-compagne et actrice fétiche. C’est elle qui, au terme d’une soirée délétère, a vu la statuette si convoitée filer chez « l’ennemi », Roman Polanski, devenu emblème de la culture du viol en raison des accusations répétées de plusieurs femmes contre lui. Quelle provocation ! Quelle désillusion aussi, pour celle qui attendait tant de cette soirée si chaotique.