Des héroïnes, ordinaires ou célèbres, des mannequins, des militantes : les femmes, la grande affaire de « M »

Share:

La première fois, le 24 septem­bre 2011, ce fut un homme, Arnaud Lagardère. Un homme de pouvoir, héritier de son père… Mais, dès la semaine suivante, ce fut une femme. La mannequin Stella Tennant, ­britannique beauté à l’élégance aristocratique, a donc été le visage du deuxième numéro de « M », qui se trouvait être aussi le premier Spécial mode. Sur cette couverture, Stella Tennant, garçonne en noir et blanc, épaules étroites et cravate fine, était photo­graphiée par Peter Lindbergh, un grand nom de l’image de mode connu pour être un chantre du naturel. Et elle semblait l’incarnation la plus juste du mariage apparemment contre-nature entre la mode et Le Monde.

Compagne de route des créateurs les plus exigeants, Stella Tennant n’a jamais été une top-modèle au sens où on l’entendait dans les années 1980, ce star-système qui dit la tête de gondole, l’effronterie conférée par des cachets faramineux et les poses de ­pin-up qui miment les femmes-objets. La choisir était une façon d’annoncer la couleur. Qu’elle accepte fut un honneur pour un titre débutant. C’est dire l’immense douleur que sa mort brutale, le 22 décembre 2020, à tout juste 50 ans, a provoquée dans l’équipe. D’autant qu’elle intervenait un an après celle de Peter Lindbergh qui, outre Stella, a photographié plusieurs femmes pour M.