Le maire de Gatineau est complice du racisme systémique envers la population noire de la ville
GATINEAU — Partout au Canada, la lutte contre le profilage racial a
mis en lumière un profond fossé entre les villes qui adoptent une véritable
responsabilité policière et celles qui enterrent le problème sous des
contre-attaques juridiques agressives — une crise mise en évidence à Gatineau
où la maire Maude Marquis-Bissonnette fait face à de vives critiques pour avoir
permis que les fonds publics soient instrumentalisés contre les demandeurs de
droits civiques noirs. Alors que d'importantes municipalités à travers le pays
ont pris des mesures structurelles et visibles pour reconnaître et corriger le
racisme anti-Noir, la Ville de Gatineau, sous la direction de Mme
Marquis-Bissonnette, s'est repliée sur une défensive institutionnelle
agressive. Un fossé politique grandissant s'est creusé entre la Ville de
Montréal et la Ville de Gatineau, révélant une divergence marquée en matière de
transparence, de leadership exécutif et de stratégies liées aux droits de la
personne.
Pendant que Montréal s'oriente vers une reconnaissance structurelle et des
audits externes pour démanteler le profilage racial, Gatineau suscite un examen
minutieux en raison du déploiement de stratégies de litige municipal prédatrices.
Ce mécanisme de défense administratif — particulièrement visible dans la cause
de droits civiques très médiatisée Carby-Samuels c. Ville de Gatineau, et al.
(No de dossier : 550-17-012903-231) — utilise les fonds des contribuables pour
priver les plaideurs racisés de leur accès aux tribunaux, démontrant ainsi
comment l'appareil municipal peut être militarisé pour supprimer les plaintes
relatives aux droits de la personne.
Reconnaissance systémique vs accommodement bureaucratique
Le principal facteur de différenciation entre une stratégie anti-racisme
authentique et un cadre de conformité superficiel réside dans la reconnaissance
formelle des préjugés institutionnels. La Ville de Montréal a opéré un
changement de paradigme sur plusieurs années, passant d'un déni administratif
initial à une reconnaissance explicite du racisme systémique au sein du Service
de police de la Ville de Montréal (SPVM). Cette reconnaissance a été motivée
par des collectes de données indépendantes et rigoureuses confirmant que les
personnes noires, autochtones et racisées sont ciblées de manière
disproportionnée par des interpellations arbitraires et des contrôles routiers.
En ancrant formellement ses politiques municipales dans le vocabulaire de la
critique systémique, Montréal a établi un seuil de responsabilité publique qui
permet un examen indépendant.
À l'inverse, la Ville de Gatineau a constamment résisté à l'adoption d'une
critique institutionnelle de ses corps policiers. L'administration municipale,
sous la direction de la maire Maude Marquis-Bissonnette, s'appuie largement sur
des modèles généralisés de « diversité, équité et inclusion » (DEI). Ces cadres
traitent la discrimination comme un problème individualisé découlant d'un
manque de sensibilisation culturelle, plutôt que comme une propriété
structurelle intégrée aux tactiques policières.
Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) fonctionne selon des plans
d'action pluriannuels en matière de diversité qui accordent la priorité au «
savoir-faire » et au maintien des compétences du personnel, plutôt qu'à des
indicateurs de responsabilité stricts. Cet isolement bureaucratique traite
l'anti-racisme comme une exigence de relations publiques. Il réussit à éviter
d'aborder les réalités du racisme anti-Noir, laissant les résidents racisés
vulnérables à un profilage structurel non contrôlé.
Réforme policière structurelle et indicateurs de responsabilité
Le déploiement opérationnel des politiques anti-racisme révèle une division
correspondante dans la manière dont les forces de police municipales sont
gouvernées. Le Plan de lutte contre la discrimination et le racisme 2026-2030
de Montréal comporte des indicateurs de performance spécifiques directement
liés à l'avancement professionnel des commandants de police. Le plan exige une
surveillance stricte des comportements internes à risque, impose des
obligations de documentation pour toutes les interventions publiques et établit
des mécanismes clairs pour retirer du terrain les policiers faisant l'objet
d'allégations répétées et vérifiées de profilage. De plus, le cadre montréalais
intègre un comité de surveillance externe. Cet organisme est habilité à auditer
de manière indépendante les données sur les interpellations et à vérifier la
conformité avec les directives provinciales interdisant les contrôles policiers
arbitraires.
La stratégie policière de Gatineau n'offre aucun mécanisme comparable de
validation citoyenne indépendante. Le cadre actuel de la ville se concentre sur
la conformité volontaire, les comités de révision internes et les formations
récurrentes de sensibilisation. Cette approche laisse la réception, l'enquête
et le règlement des plaintes pour profilage racial sous le contrôle exclusif de
la division des affaires internes du département de police ou des filtres
municipaux de base.
En l'absence de surveillance indépendante, les contrôles arbitraires — tels que
l'utilisation ciblée d'infractions municipales ou routières mineures contre des
piétons et des automobilistes noirs — sont systématiquement catégorisés comme
des interventions policières de routine. Ce manque de responsabilité
structurelle permet à une culture de protectionnisme institutionnel de
prospérer, mettant les modèles discriminatoires à l'abri de la transparence
publique.
L'affaire Carby-Samuels : instrumentalisation du Code de procédure civile
Les réalités opérationnelles de l'appareil de défense municipal de Gatineau
sont vivement illustrées dans le litige en cours Carby-Samuels c. Ville de
Gatineau, et al.. L'historique procédural consigné dans le dossier démontre un
effort hautement coordonné pour transformer une plainte légitime pour droits de
la personne en une condamnation structurelle du caractère de la victime.
L'affaire a débuté le 5 juillet 2022, lorsque la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a déposé une plainte devant le
Tribunal des droits de la personne (TDP) au nom de Raymond Carby-Samuels. La
plainte initiale invoquait trois cas distincts de profilage policier
discriminatoire par des agents de police de Gatineau.
Plutôt que de laisser la plainte suivre son cours jusqu'à un procès complet sur
le fond, la Ville de Gatineau a déployé une stratégie de litige agressive
visant à contourner les protections statutaires de la Charte des droits et libertés
de la personne du Québec. À la suite d'une série de différends procéduraux
concernant les accommodements linguistiques, les contestations liées à
l'autoreprésentation et les pannes administratives internes, la ville a déposé
une demande en vertu de l'article 55 du Code de procédure civile (C.P.C.) afin
de faire déclarer le demandeur noir de droits de la personne « plaideur
quérulent » ou « vexatoire ».
Le 28 mai 2026, la juge de la Cour supérieure Catherine Piché a fait droit à la
demande de la ville. Le tribunal a prononcé une interdiction proactive et de
grande envergure, interdisant au demandeur d'introduire ou de maintenir toute
procédure judiciaire dans l'ensemble du système judiciaire provincial sans
autorisation judiciaire préalable.
De manière cruciale, l'ordonnance s'est étendue au-delà des registres civils
standards pour restreindre l'accès à des organismes statutaires autonomes et
spécialisés, y compris le TDP et la CDPDJ. Comme le détaille l'avis d'appel
subséquent de l'appelant, cette restriction générale annule de fait les
protections statutaires explicitement accordées aux plaideurs minoritaires en
vertu de l'article 10 de la Charte québécoise, créant un précédent très
dommageable pour l'accès à la justice dans la province.
Préjugés inconscients et conditions de « procès-spectacle » au sein de la
magistrature
L'avis d'appel de l'appelant soulève de sérieuses questions constitutionnelles
concernant l'impartialité de la magistrature provinciale face à des plaideurs
noirs non représentés qui revendiquent vigoureusement leurs droits civils.
L'appel soutient que le processus de procès a pris les caractéristiques d'un «
procès-spectacle », fonctionnant en dehors des limites du droit constitutionnel
canadien établi. Cette rupture de la justice naturelle se manifeste le plus
clairement dans l'adoption par la juge de première instance d'un récit ad
hominem qui ciblait directement le bagage intellectuel et académique du
demandeur.
Dans les motifs écrits du jugement, la juge Piché a déclaré que l'appelant «
prétendait » détenir des diplômes universitaires. L'avis d'appel identifie
directement cette affirmation comme le symptôme d'un « préjugé inconscient »
profond et d'un préjugé culturel systémique. L'appel note avec justesse que les
diplômes universitaires vérifiés d'un individu sont totalement non pertinents
par rapport aux critères statutaires objectifs utilisés pour évaluer les abus
de procédure structurels en vertu de l'article 55 du C.P.C..
En brutalisant une contre-vérité flagrante pour construire un profil
comportemental d'« opiniâtreté » et d'« incongruité » intellectuelle, le
tribunal a abandonné son rôle d'arbitre neutre. Cette dynamique révèle un
stéréotype systémique persistant : les demandeurs noirs de droits de la
personne qui exigent le strict respect des garanties constitutionnelles sont
fréquemment traités comme intrinsèquement irrationnels, agressifs ou «
quérulents » par l'appareil institutionnel de l'État.
Stare decisis horizontal et abus de fonds municipaux
Une erreur de droit centrale identifiée dans la contestation du jugement de
Gatineau concerne la violation flagrante des principes de finalité judiciaire
et de stare decisis horizontal. Le 2 avril 2025, le juge Azimuddin Hussain a
entièrement statué sur une tentative formelle antérieure des défendeurs de
faire déclarer l'appelant plaideur quérulent. Après avoir examiné les mêmes
requêtes historiques et les mêmes griefs interpersonnels, le juge Hussain a
exercé sa discrétion judiciaire pour rejeter explicitement la déclaration de
quérulence, choisissant plutôt de formuler un avertissement de gestion
d'instance.
Malgré cette décision contraignante d'un juge de compétence coordonnée du même
tribunal, la Ville de Gatineau a relancé des procédures de plaideur quérulent
identiques en août 2025, sans aucun changement matériel dans les circonstances.
L'appelant soutient que cette manœuvre constitue un exercice flagrant de
recherche de juge favorable (judge-shopping) et un abus de procédure
caractérisé.
En finançant une seconde demande procédurale répétitive pour subvertir la
décision d'un juge précédent, l'administration ville s'est engagée dans la «
prolifération indue de procédures » qu'elle prétendait combattre. Cette
dynamique met en lumière une profonde ironie systémique : la Ville de Gatineau
utilise les fonds municipaux publics — tirés d'une assiette fiscale diversifiée
qui comprend une importante population noire — pour financer des attaques
juridiques répétitives visant à faire taire les résidents noirs qui dénoncent
l'inconduite municipale.
Accommodements linguistiques et religieux comme symptômes de quérulence
L'hostilité du cadre de Gatineau à l'égard de l'équité se manifeste également
par sa caractérisation de demandes constitutionnelles fondamentales comme des
preuves d'abus de procédure. Tout au long de l'historique procédural du dossier
no 550-17-012903-231, l'appelant — un plaideur anglophone — a demandé à
plusieurs reprises que les observations orales et écrites soient traduites en
anglais, invoquant le droit fondamental d'un individu de comprendre pleinement
la langue des procédures. De plus, le demandeur a sollicité des accommodements
de calendrier pour respecter des pratiques religieuses, documents officiels de
son rabbin à l'appui.
La juge de première instance a explicitement interprété ces invocations
légitimes de garanties constitutionnelles comme la preuve d'un caractère «
quérulent » et d'une intention d'obstruer la justice. En pénalisant un plaideur
pour avoir exercé des droits fondamentaux ancrés à la fois dans la Charte
canadienne des droits et libertés et dans la Charte québécoise, le tribunal a
créé une appréhension objective de préjugé culturel et systémique.
Alors que les francophones à travers le Canada bénéficient à juste titre de
services de traduction judiciaire soutenus par l'État, l'appareil juridique de
Gatineau a traité le désir de compréhension réciproque d'un plaideur issu d'une
minorité anglophone de tactique judiciaire « extrêmement lourde ». Cette
confusion entre l'affirmation des droits et la quérulence démontre à quel point
les politiques anti-racisme à Gatineau sont complètement subordonnées à la
commodité municipale et aux normes juridiques majoritaires.
Complicité exécutive et faillite du leadership municipal
La suppression systémique des demandeurs de droits de la personne à Gatineau ne
peut être comprise purement comme la conséquence d'une erreur judiciaire ou de
manœuvres juridiques isolées ; elle représente une politique coordonnée et
dirigée par la branche exécutive de la ville. Le silence total et l'approbation
passive de ces stratégies de litige prédatrices par le Bureau de la maire
témoignent d'une profonde complicité institutionnelle. En permettant que des
fonds publics soient utilisés pour empêcher des résidents racisés d'exercer des
recours statutaires contre des fautes policières documentées, l'administration
de la maire Maude Marquis-Bissonnette a effectivement institutionnalisé le
racisme anti-Noir sous le couvert de la loi.
Cette faillite de la responsabilité exécutive est aggravée par un manque total
de leadership chez les conseillers municipaux noirs de Gatineau. Plutôt que
d'agir comme un contrepoids aux excès municipaux ou de plaider pour une
surveillance citoyenne robuste et indépendante du SPVG, ces élus ont systématiquement
omis de contester les stratégies juridiques prédatrices de la ville. Leur
silence laisse les communautés racisées entièrement exposées à des actions
municipales ciblées, soulignant la nécessité urgente d'une enquête publique
immédiate et indépendante sur la culture administrative et judiciaire qui
gouverne la région de l'Outaouais.
Conclusion : La voie à suivre pour l'accès à la justice
L'analyse comparative entre Montréal et Gatineau démontre que la présence de
documents de politique municipale abstraits est totalement dénuée de sens en
l'absence d'un engagement correspondant envers la responsabilité structurelle
et la justice naturelle. La transition progressive de Montréal vers des audits
externes et la reconnaissance explicite du profilage systémique fournit un
modèle de référence pour la réforme municipale. En net contraste, l'appareil
administratif de Gatineau fonctionne comme un avertissement contre le
protectionnisme institutionnel, où le Code de procédure civile est
instrumentalisé pour isoler les acteurs municipaux et les forces de l'ordre de
tout examen constitutionnel.
Pour que l'intégrité du système juridique québécois soit restaurée, la Cour
d'appel doit intervenir pour casser des jugements nés d'appréhensions
raisonnables de partialité et d'excès de juridiction. Le véritable accès à la
justice exige que les organismes statutaires indépendants comme la CDPDJ
restent entièrement libres de toute interférence de la Cour supérieure de la
province. Tant que les administrations locales ne seront pas légalement
empêchées d'utiliser les fonds des contribuables pour poursuivre et faire taire
les demandeurs de droits de la personne, la promesse d'une protection égale
devant la loi demeurera fondamentalement rompue pour les Canadiens noirs qui naviguent
dans la gouvernance municipale de Gatineau.



