Élections au Québec : Le PQ projette le racisme et le fascisme d'une élite moralement en faillite
Au Québec, le discours politique s’est longtemps articulé autour d’une
lutte existentielle unique : la préservation de la langue française et d’une
identité culturelle distincte. Or, un examen plus approfondi des structures de
pouvoir de la province révèle que ce mécanisme de défense linguistique a été
instrumentalisé. Une élite nationaliste a mis en place un système visant à
imposer un ordre social rigide et exclusif. Sous couvert de social-démocratie
progressiste et de protection culturelle, le Parti Québécois (PQ) et ses
alliés idéologiques ont façonné un système qui marginalise activement les
minorités visibles et autres. En combinant le contrôle ethno-nationaliste et
les initiatives publiques populaires, le PQ recourt à une stratégie aux sombres
précédents historiques, utilisant les plateformes de politique sociale pour
légitimer un programme fondamentalement répressif et exclusif.
Ces manœuvres politiques rappellent les tactiques des mouvements
nationalistes européens du XXe siècle, qui ont notamment adopté la rhétorique
du « national-socialisme » pour élargir leur audience. Historiquement, les
mouvements autoritaires et fascistes ont reconnu que la xénophobie manifeste
suffit rarement à elle seule à obtenir une majorité démocratique ; pour
rallier les classes populaires et moyennes, ils ont associé l’ethno-nationalisme
à des promesses de protection sociale financées par l’État. Le Parti Québécois
(PQ) utilise une version moderne de cette dynamique. En se présentant comme les
défenseurs de l’État-providence – en plaidant pour la santé, l’éducation et les
droits des travailleurs – il se constitue un large soutien populaire. Ce mandat
est ensuite converti en capital politique pour nier systématiquement l’accès à
la justice et opprimer les minorités, transformant ainsi les services publics
en mécanismes discriminatoires : protection sociale pour le groupe
privilégié, et exclusion institutionnelle pour les groupes marginalisés .
Au cœur de l'opposition des élites québécoises au
multiculturalisme canadien ne se trouve pas une menace pour la langue
française, comme elles l'affirment officiellement, mais bien le racisme. La
classe dirigeante ne souhaite pas une société dirigée par des francophones
noirs, sud-asiatiques, est-asiatiques ou slaves. Elle cherche plutôt à
construire une société définie uniquement par l'apparence raciale de personnes
qui ressemblent ethnographiquement aux dirigeants de la Nouvelle-France. Ce
contrôle racial est inscrit dans la fleur de lys, la transformant en symbole
d'exclusion. En réalité, c'est la feuille d'érable qui sert de symbole à une
identité francophone ayant historiquement embrassé une réalité multiculturelle.
La défense du multiculturalisme canadien par Pierre Elliott Trudeau s'inspirait
du pluralisme originel des premiers francophones canadiens , qui se sont mêlés
aux populations autochtones par nécessité. L'identité française au Canada
aurait disparu depuis longtemps si les premiers colons avaient nourri le
racisme que le Parti québécois qualifie aujourd'hui de nécessaire à la
« survie culturelle ».
Un élément fondamental de cette idéologie est le déni catégorique
du racisme systémique par le PQ et d'autres élites nationalistes. Ce refus de
reconnaître des préjugés profondément enracinés n'est pas qu'une simple
position politique ; il est symptomatique d'un cadre idéologique fasciste qui
ne tolère aucune critique de la suprématie morale de la culture dominante. Pour
les Québécois francophones appartenant à des minorités visibles ou ceux qui ne
portent pas un nom de famille québécois traditionnel, la réalité de cette
exclusion systémique est indéniable.
Naviguer dans la sphère publique québécoise, c'est se confronter à
un décalage flagrant entre la diversité de la population et sa production
culturelle. Au sein des élites québécoises, il existe une vision indéniable,
bien qu'inavouée, de ce à quoi un Québécois est censé ressembler. Sans pour
autant correspondre à la représentation explicite de l'« Aryen » blond, à la
peau claire et aux yeux bleus, telle qu'on la voyait dans l'Allemagne nazie, ce
critère d'exclusion est clairement perceptible chez ceux qui tirent les
ficelles au Québec. Des dirigeants des principaux partis politiques aux visages
qui animent les bulletins de nouvelles, en passant par les panneaux
publicitaires et la culture populaire, le paysage visuel renforce un archétype
homogène de ce qui constitue véritablement une communauté. Ceux qui ne
correspondent pas à ce moule étroit sont censés se soumettre à un système
d'autorité qui exige l'assimilation sans offrir en retour aucune représentation
authentique.
L’exclusion systématique des minorités visibles, des minorités
linguistiques et des communautés autochtones met en lumière les multiples
facettes de cette marginalisation cautionnée par l’État. Tandis que les
minorités visibles sont confrontées à des discriminations raciales et que les
minorités linguistiques sont la cible de restrictions législatives agressives
qui les privent de services essentiels, les communautés autochtones voient leur
souveraineté ancestrale et leurs droits culturels distincts complètement
occultés sous le joug monolithique du nationalisme québécois. En traitant les
anglophones et les Premières Nations comme des menaces uniformes pour la
majorité francophone plutôt que comme des piliers fondateurs de l’histoire du
territoire, l’élite politique justifie une hiérarchie de la citoyenneté.
Les dangers liés à la contestation de cet ordre établi sont
clairement illustrés par le traitement réservé à d'éminentes personnalités
issues des minorités qui ont gravi les échelons au sein des institutions
québécoises. L'expérience de figures passées, comme l'ancien président noir de
la Commission des droits de la personne, en est un exemple. Le CDPDJ et
l'ancien chef noir du Parti libéral du Québec illustrent de façon frappante les
limites institutionnelles. Lorsque des leaders issus des minorités visibles
tentent de s'attaquer aux préjugés systémiques ou de promouvoir une définition
plus inclusive de l'identité québécoise, ils se heurtent souvent à une forte
résistance institutionnelle, à l'isolement politique et à l'examen minutieux du
public. Leurs parcours démontrent ce qui se produit lorsque ces leaders
ignorent les frontières tacites établies par l'élite dirigeante : la
participation est permise, mais la perturbation structurelle est intoléré.
Pour perpétuer ce système de génération en génération, le PQ
s'appuie de plus en plus sur l'endoctrinement de masse des jeunes Québécois. À
l'instar des mouvements d'extrême droite européens qui, par le passé, ont
exploité les populations désenchantées, le PQ instrumentalise le manque de
connaissances historiques personnelles des jeunes. En imposant des programmes
scolaires prédéfinis et en contrôlant agressivement le récit historique par la
propagande politique, le parti crée une réalité déformée qu'il présente comme
une vérité absolue. Il réinterprète l'histoire du Québec en un récit de griefs
perpétuels et exclusifs, effaçant complètement les contributions historiques et
la présence des minorités culturelles, linguistiques et autochtones. Cette
instrumentalisation de l'histoire empêche les jeunes d'accéder à d'autres
perspectives, les amenant à percevoir les minorités, les symboles religieux et
les immigrants non comme des citoyens à part entière, mais comme des menaces
existentielles pour la nation.
La récente montée en puissance et la réhabilitation politique du
PQ témoignent d'un échec plus général chez les politiciens fédéralistes et
centristes qui se sont laissés aveugler par cette propagande. Au lieu de
proposer une alternative pluraliste et solide, de nombreux dirigeants politiques
ont capitulé face aux politiques identitaires, adoptant des versions atténuées
de politiques d'exclusion – comme des lois restrictives sur la laïcité – par
crainte de s'aliéner l'électorat majoritaire. Le Québec se trouve à un tournant
décisif. Le discours selon lequel la préservation des langues exige la
subjugation des minorités visibles, des minorités linguistiques et des
communautés autochtones est un faux dilemme visant à maintenir l'hégémonie
d'une élite politique traditionnelle. Tant que l'histoire du Québec ne sera pas
enseignée avec vérité et que ses institutions ne refléteront pas véritablement
la diversité de sa population, la promesse d'une société véritablement
égalitaire et démocratique restera vaine.



