Les livres : La façon dont le gouvernement du Québec compromet l'identité française

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Le gouvernement du Québec a toujours été considéré comme étant le plus grand protecteur de la langue et de la culture françaises en Amérique du Nord, et plus particulièrement au Canada.

Cependant, il n'y a probablement pas de meilleur exemple des intentions hypocrites du gouvernement du Québec en matière de langue et de culture que la loi 51, fondamentalement autoritaire et fasciste.

En vertu de la loi 51, le gouvernement du Québec établit une structure formelle par le biais de licences afin de contrôler les livres francophones qui sont vendus par Renaud-Bray, Archambault et d'autres libraires francophones.

Seuls les distributeurs officiellement autorisés ont accès aux réseaux de grande distribution au Québec.

Par conséquent, les auteurs québécois ne peuvent pas bénéficier de la révolution qu'est l'auto-édition de la même façon que les auteurs hors-Québec pouvant bénéficier de réseaux de distribution complètement démocratisés, dont Amazon.com. 

En opprimant le développement de l'équivalent francophone d'Amazon.com, le gouvernement du Québec encourage les francophones à s'angliciser afin de pouvoir s'auto-éditer et de pouvoir aisément vendre leurs livres sans les efforts apparents du gouvernement du Québec visant à censurer les auteurs francophones de manière corrompue. Il est évident que l'agenda caché du gouvernement du Québec consiste en fait à censurer les francophones qui pourraient écrire de manière à s'opposer aux politiques publiques du gouvernement du Québec et de sa plus grande entreprise finançant les campagnes politiques dans la province.

La loi 51 révèle que les élites gouvernant le Québec cherchent d'abord à contrôler, puis à se cacher habilement derrière la « politique culturelle » afin d'éviter qu'ils ne soient exposés par la critique littéraire.

La loi 51 établit un ordre de contrôle des gardiens de l'information gérant l'industrie du livre permettant de diffuser des images et des informations susceptibles d'appuyer les élites du Québec.

La loi 51 n'est pas différente du type de contrôle autorisé exercé par le parti communiste en Chine sur sa propre industrie de l'édition.

La loi 51 est une suite apparente de l'ancienne « Clique du Château » qui a régné sur le Québec au XIXe siècle avec le soutien de l'Église catholique romaine

La loi 178 fournit déjà une base éthique pour la protection de la culture et de la langue françaises.  Toutefois, il n'y a pas de place légitime pour une loi comme la 51 dans la société soi-disant avant-gardiste et démocratique que le Québec représente au Canada. 

Lorsqu'onconsidère le Québec comme une « société distincte », cela ne devrait pas impliquer la création d'un parti quasi communautaire visant à contrôler qui et comment les francophones appellent à vendre et à commercialiser leurs livres.

Un auteur francophone qui s'auto-publie ne devrait-il pas avoir droit aux mêmes libertés qu'un auteur anglophone qui s'auto-publie dans la société démocratique que représente le Canada?

Le fascisme, l'autoritarisme et le néo-communisme n'ont pas leur place dans l'industrie du livre au Québec.

Les francophones du Québec devraient pouvoir acheter et lire librement un large éventail de titres francophones offerts sur le marché et ne devraient pas être gênés par une oligarchie contrôlée de capitalistes licenciés cherchant à contrôler et à monopoliser les libertés et les droits des francophones étant exprimés dans les livres que nous choisissons d'écrire.

Les sujets sur lesquels nous écrivons et la façon dont nous accédons au marché pour nous exprimer ne concernent pas le gouvernement du Québec cherchant à infliger une censure.

Le fait de pousser les francophones cherchant à échapper au fascisme de la loi 51 en les encourageant à embrasser les libertés du Canada anglophone ne protège aucunement la culture française au Canada et contribue en fait à encourager une nouvelle génération d'écrivains et de jeunes adultes francophones à rejoindre une culture anglophone où ils seront mieux acceptés et libérés du contrôle fasciste. 

En raison de la loi 51 et grâce à l'anglicisation, les auteurs francophones peuvent s'exprimer librement en tant qu'écrivains en se fondant sur les valeurs démocratiques qui sont censées être à la base même de la culture littéraire, ancrées dans les valeurs associées aux libertés d'expression et à celle de la libre parole telle qu'elle s'exprime dans les livres.

En vous rendant dans une librairie typique hors du Québec telle qu'Indigo à Toronto, ou dans des librairies aux États-Unis et en Europe, y compris en France, vous sentirez immédiatement et littéralement l'air frais et les gens de tous âges, y compris les jeunes, débordants d'enthousiasme à la vue des nouvelles idées et perspectives les attendant au sein d'un vaste marché du livre.

En comparaison, allez dans une librairie typique au Québec et vous pouvez presque littéralement saisir et respirer l'air rassis des idées recyclées provenant des mêmes personnes et des mêmes éditeurs, tous avec les mêmes couvertures de livres et les mêmes livres présentés dans un système similaire.

La loi 51 a littéralement favorisé un environnement de stagnation culturelle au Québec, au sein duquel le talent des Québécois à s'exprimer au moyen de livres présentés de façon réfléchie et se situant en dehors des idéologies et des modalités établies ne peut se manifester facilement.

Les idées contenues dans les livres susceptibles de captiver les Québécois ne peuvent se concrétiser comparativement à des endroits hors du Québec valorisant l'expression de perspectives et d'énergies nouvelles et passionnantes d'auteurs et d'écrivains non conventionnels osant briser la prédominance de l'élite québécoise.

Discussion avec le père de la loi 51, Denis Vaugeois.​

«Je n’ai rien inventé alors. J’ai mis ensemble des affaires qui traînaient dans le décor, et j’ai foncé », raconte Denis Vaugeois, qui a piloté la création de la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre, dite loi 51. Forcément, le projet, à l’époque, s’était heurté à des résistances. « Chaque partenaire de la chaîne devait renoncer à des avantages pour assurer la solidité de l’ensemble », rappelle en conversation avec Le Devoir le fondateur des éditions Septentrion, pour qui un retour en arrière est nécessaire pour comprendre la loi 51.

L’ex-ministre des Affaires culturelles de 1978 à 1981 a déjà rapporté l’aventure qu’a été pour lui la création de cette loi dans L’amour du livre. L’édition au Québec, ses petits secrets et ses mystères (Septentrion, 2005). « Dorénavant, y écrit-il, il y aura un régime d’agrément non seulement pour les libraires, mais aussi pour les éditeurs et les distributeurs. Dans tous les cas, la propriété québécoise devra être de 100 %. Les éditeurs auront l’obligation de faire la preuve qu’ils ont acquitté les droits d’auteur. Les distributeurs devront accepter d’établir destabelles, c’est-à-dire des taux de change justifiables, pour marquer le prix du livre étranger dont ils auront obtenu l’exclusivité. »

Il rappelle également que « le libraire devra avoir pignon sur rue en plus de remplir certaines conditions nouvelles liées au service qu’on attend de lui. Par ailleurs, l’obligation d’acheter le manuel scolaire chez un libraire agréé disparaît [perte de 15 %] et, en contrepartie, obligation est faite aux bibliothèques, tant scolaires que municipales, d’acheter leurs livres au prix courant chez un libraire agréé de sa région. Celui-ci devra respecter les ententes de distribution exclusives négociées par les distributeurs ; les libraires ne pourront donc plus les contourner en achetant directement en Europe. Bien entendu, les bibliothécaires ne pourront plus le faire non plus ».

Pour la nouvelle génération de bibliothécaires, de libraires et de fonctionnaires, il est difficile d’imaginer la situation qui existait à l’époque. « Le Conseil supérieur du livre dénonçait la “pieuvre Hachette” et la librairie Boussac de Paris contrôlait le marché des institutions. » L’Europe, la France surtout, s’était d’ailleurs fortement dressée contre l’idée de la loi.

« Il n’y a pas d’exemples, en dehors des pays à régime socialiste, que la fourniture des livres étrangers aux établissements publics soit réservée aux seules entreprises dont les nationaux sont propriétaires », s’insurgeait alors le Syndicat national de l’édition, parlant encore d’une « réelle régression du commerce international du livre ». Le président de la Fédération des éditeurs belges, lui, s’inquiétait de « mesures protectionnistes incompatibles » et de menace de « censure indirecte ». Pourtant, se rappelle Denis Vaugeois dans son livre, le patron de Boussac finira par reconnaître la nécessité du projet, qui a provoqué une forte chute de son chiffre d’affaires. « Ce n’était pas normal que Boussac soit le plus gros libraire québécois à partir de Paris », aurait-il finalement reconnu lors d’une rencontre avec l’ex-ministre.